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Hécate - Page 3

  • Temps

    C'est long

  • D'ailleurs

        Larges bruissements des colonies d’oiseaux. Sensibilités à foison, tant que j’en vomirais.    

        Me suis toujours demandé pourquoi les petits matins me désignaient dans ma différence profonde d’avec le monde. Peut-être parce qu’ils sont les traces de l’autre monde et de fait m’excluent, ou bien révèlent-ils ce monde d’ici dont ils font partie et que je n’éprouve que dans les souffrances de leurs découvertes renouvelées ?    

        Est-ce le fait de cette Fée d’après la naissance, dont on dit qu’elle pose un doigt sur les lèvres des nouveaux-nés pour dans cette vie leur taire ce qu’ils savent de toujours, et qui ne m’aurait qu’effleuré ?

  • La femme idéale

        Pas un jour où je ne pense à elle. Chaque matin au réveil son nom me vient, chaque soir je me couche dans son absence. Tout au long de la journée je sais que la pensée et le sentiment vont me la rappeler, et il m’arrive souvent de creuser les climats ou l’espace pour leur donner des mots, seules pierres qui dans mon champ désolé me restent pour rebâtir notre dôme, pour la serrer encore dans mes bras, pour que tous les vides prennent la forme du creux de nos lits. Je ne fais qu’habiter l’hologramme de notre monde perdu : ma vie n’a pas d’autre sens qu’elle.

        D’accord, je me suis trompé. Non, elle n’était pas la chaude et tendre, sombre et solaire amante de ma lignée. Oui, je l’ai construite sur des repères friables comme sable, des sables mouvants de folie. Et je ne peux lui en vouloir de n’avoir su se solidifier par et dans l’amour, et en s’écroulant d’avoir emporté mes châteaux, aussi beaux, nobles ou vastes fussent-ils. Ainsi, même lui pardonne ses promesses  d’à jamais, ses certitudes de toujours... Mes rêves et ma mémoire sont plus forts que les siens, c’est vrai, et cela ne donne pas que je vaux mieux qu’elle, puisque après tout cette sorte de géant que je fais dans ma contrée Amour a des pieds d’argile. Mais j’ai la chance que d’avoir à ce point été l’artisan de ma déception, de mon malheur, me prouve que j’en ai la qualité et les outils, solides, et que je sais les manier. J’ai donc en moi cette formidable force créatrice _même si mes créations s’avèrent être sans réels fondements, donc. Tant pis, au moins je sais par là comment ou qui je suis et c’est énorme dans un monde que je connais peu et que je trouve par ailleurs vulgaire et laid ("People they ain't no good") : une réalité imbécile d’avec laquelle sans peine finalement j’accepte d’être divorcé et de toute éternité. Capitale compréhension.   
       
        Maintenant, je suis seul. Mon “oeuvre” me tient chaud. J’aime toujours cette autre qu’elle et qui est mienne : sa méfiance du monde des hommes, son amour absolu et exalté, les rapides changements qui habitent son front, ses enjouements soudains, sa sourde mélancolie, ses luttes dans nos danses, l’imperceptible ironie pour mon amour (ah,  ses désuets et charmants “Trésor !”)... Toute cette vie de funambule sur corde de ténèbres et d’éclats au-dessus de ses rocs d’angoisse et de mésestime. Vivante malgré ses morts. Et, toujours, cet amour de moi. Cela vit en moi et dure comme le modèle entrevu de quelque chose comme une femme  idéale.
     
    (...)

  • Le fil

    Lettre ouverte
     
     
     
    O.,

        En pluie, tu viens à moi dans un élan magnifique, et tendrement et sincèrement  t’enquières de mon “amie de N.”, t’informes de ma disposition...

        La flamme qui dansait a vacillé. Fuligineuse, je ne voyais plus que ma force pour elle dans la volonté de comprendre et de la ménager, la bercer, la tenir dans ma chaleur : je croyais en la promesse de sa propre beauté à naître !
        Le désavantage de l’envers et contre tout _par amour, compassion, folie_ est de renforcer en soi le lien quand de l’autre côté ça n’est plus qu’un fil qu’on ne fait que tenir en main dans son vide vertigineux. Amour malade, qui cherche à aimer lui-même et soi-même à travers mes yeux poètes, mes veines rouges et bleues, la structure de bois tendre et brut et vaillante de ma pirogue d’ancien peuple, d’éternel chercheur d’îles. Faut-il qu’en ces latitudes les mers soient tristes, pour qu’une sirène-soeur n’ait pas eu la force de s’accouder à mon bord !

    Est-il possible que les hommes soient perdus plus que moi, pour que la simple fleur d’un sourire clair soit ignorée,  que mon feu noir leur reste caché ?

        Et moi, O., qu’ai-je vu trop loin pour que je ne vienne pas à toi  ? Mais, non, je ne t’aime pas je te le dis encore, cru et vulgaire pour que tu saches bien que mon corps de cèdre, mes méninges rêveuses et “l’âme forte et sensible” que finalement tu y as trouvée ne s’accorderont pas aux tiens. Ta réalité est simple et franche quand la mienne vient de loin, revient d’apnées en eaux limpides comme sombres dont je rapporte sur la plage d’insolites objets, ici de quoi faire un feu, là une étoile, des éclats de verroteries_ tous trésors à chérir et à partager, quelles que soient les lames... Remarque qu’il n’y a pas  là de quoi remplir les soutes de ton navire au long cours ! Je voudrais te dire, parce que tu connais ma cohérence ou ma “rhétorique” : ça ira bientôt mieux puisque tu n’es qu’amoureuse. Et moi avec elle étais entré en amour, dans la croyance qu’elle aimerait avec moi ces trésors, à la grâce de  la rencontre connaissante de nos vingt doigts survoltés, des arcs électriques de nos corps-tempête, de nos sexes-croisière, de nos mots-fleuve. Pour cela je l’ai appelée Sorella. Tu  t’aperçois que tu ne comprends pas parce que tu ne sais pas, tu vois ? Elle, sait, mais ne comprend pas. C’est cette jetée qui toi et moi nous sépare à jamais ;  c’est ce pont qu’elle ne peut franchir.
     

    Mais je suis là, franc et inquiet de toi. Seulement, je fais un long voyage en moi pour quitter la plage où j’ai ensablé le fil. Il noue ensemble mes menues trouvailles, mes rêves sans succès. Et je laisse à la marée le soin de les reprendre.

    Fr

  • Les transes



    Atermoiements des aubes. Le jour promis se retourne en est et s’aspire en moulin, déversé à l’envers par cataractes / fractions de seconde par tous les couloirs de l’aorte

    Vrac des envols dépecés, chus sur âcres barbecues des désirs

    “Menu : rissole d’ailes d’ange”

    Signes à blanc d’oiseaux muets, froissements de plumes de carbone, véloces et désolées, sur le toit de l’enfant à la jambe de verre

    Les vieillards s’alanguissent sous le faux sacre de leur tignasse chenue, (ne borderont pas mon frère que j’ai battu. Clouez ce jour perdu, cette première terreur d’être soi ! L’Enfance défaite au poing)

    Air,  espaces d’air sans fin se succédant
    jusque horizon asphyxié

    Maison de pierre claustrée en ses volets à peur, à contre le jour, braquée

    âtre aboyant son silence échappé cogné dans l’abrupt empierrement des versants hauts

    montagne de rocs et de suie, d’eau d’écume aux vifs d’arêtes

    MAIS LE MATIN NE SE RÉVEILLE PAS
    (et mon père tu es mort)

    ainsi ce moi d’ombre qui de la jeune femme aux yeux bistres, ignorant du ventre femelle,  perdit à jamais le corps-lumière. Foison des frissons herbes soyeuses et couchées, mat effroi point d’orgue jamais résolu glaciation des sexes par orgueil et l’amour imbécile et pipé en renfort !

    Le vent s’est levé et rien ne répond à son souffle gris et froid

    de minces ruisseaux impétueux tranchent le peu d’herbe tendre, dévalent leurs pentes, font un détour là où se sont plantées les maisons tassées sous leurs lauses, minuscules blocs de vanité écrasés sous la pluie noire et gigantesque

    Et c’est la même épouvante qu’à la descente de Neaufles Paons somnambules miaulant l’alarme, l’inanité du Jargon :

    groupe d’élèves embusqués dans l’attente du vieux car, curé en soutane conducteur de rien vers abattoirs scolaires

    Tous incompréhensibles labyrinthes

    Et comme encore la stupeur des objets isolés Pour quelles mains connaissantes ?


    (Lozère)

  • Bouteille

    Bon, vite fait :

        En fait, si je comprends bien, y’en a qui me prennent pour un tendre ou un juste sage seulement. Je me marre. Tapez voir sur une bouteille selon qu’elle est pleine jusqu’à largement entamée, z’allez voir si elle rend le même son ! Histoire de décourager, au hasard,  les zélateurs de Sainte-Beuve, Pivot ou les autres grands connards du PAF, sans oublier leur public _s’il y en a qui se sentent concernés, qu’ils ne m’écrivent pas : dans le meilleur des cas je les atomiserais (mais c’est compter qu’ils m’amèneraient à réfléchir ou, ce qui est invraisemblable, réfléchiraient eux-mêmes). C’est que j’en  ai connu, de ces petits rase-bitume de l’imagination, et même qui ont poussé la plaisanterie (c’est leur seul humour) jusqu’à vouloir me provoquer via ce blog,  me faire rendre raison !  Montre un morceau de coeur, une once de tendresse ou simplement de gentillesse, et certains vont te pousser les portes à coup de bottes, comme s’ils étaient en leur terrain conquis, dans l’espace de leur médiocrité ordinaire. D’abord, je les conchie, cela devrait aller sans dire, mais non, faut y revenir, leur enfoncer comme coin dans une tête de veau l’assurance que je leur fais qu’ils en valent l’image. Mais assez de même seulement les évoquer !    
        La bouteille est pleine, et fallait s’y attendre, non ?  vous l’avez frappée et maintenant vous-vous attendez à ce que j’en rende l’écho comme monnaie, alors que je vous ai déjà réglé votre compte. Parce que je vous aime quand-même (c’est ensuite, pour ceux qui veulent bien suivre). Ça vous troue le cul, comme vous dites (je n’aurais rien contre l’expression, d’ailleurs, et même la saluerais, si vous aviez la force d’un Céline !). J’écris comme je vous danse avec les loups, comme ce type dans le film, qui allume un grand feu et  devient ce qui lui échappe (Zen), mais ce faisant du même coup le comprend. Sur Merlot, avec Jeff Buckley et son “Mystery White Boy”. Je peux pas vous blairer, mais vous comprends. Autrement, je m'armerais pour épouiller ce monde où par ailleurs et par miracle l’on veut croire et vivre (je sais, vous votez, baudruches, continuez de confirmer que la démocratie c’est la médiocrité au Pouvoir.)  
        N’allez pas croire, mes jolis, que ça me soit facile. Dans ce but, je rassemble toujours mes énergies, mes espoirs les plus grands et dont vous n’avez rien à foutre vers une destination encore inconnue : la Terre, l’Amour. Il y a un feu noir qui incendie ma vie, à l’intérieur, qui me fait gueuler, perché sur n’importe quelle colline du Gard ou d’ailleurs, jour ou nuit, sans que je pense jamais à vous. C’est rare, de cette manière ; moins, autrement, sur mes pages _et les quelques textes ici déposés n’attestent pas de la grande Sérénité, ils ne sont le plus souvent que le chuintement par chance parfois maîtrisé échappé des craquements de ma nef (et cette gonzesse dans le train qui était tombé sur “Ça passera, tu sais”, et qui dans un sourire bonasse l’avait trouvé “joli” !).

        Attention, donc : arrêtez de m’emmerder, merci.

  • Le monde caressant

        Tout étourdi de soleil. Les veines du coeur enflent et s’ouvrent, déversent leurs flots de sang brut jusque dans les bras, viennent battre et peser dans mes mains. Mains devenues lourdes, chaudes et comme chargées de tous les fruits cueillis aux saisons d’amour. (Il y a le toucher mat, lisse et accrochant de la pomme, ronde et forte ; le jus liquide, chaud et collant de la cerise noire et charnue... La main qui s’en est emparé garde en  elle aussi le contact âpre des feuilles et des branches. Un plaisir de s’être épris, échangés et fatigués ensemble.)
        Des mains irriguées de toutes sèves, fortes des troncs doux ou rugueux, et qui semblent reposer dans la paix de soleils nets, éclatés et languides. Elles attendent sans doute, mais sans impatience, une femme dans le midi de son désir, de son présent amoureux, l’esprit serein et bouillant, le front pâle et chargé de ses abandons _ torpeurs ou griseries. Elle aime les serres chaudes, aussi la bise des matins trop frais. Il n’y a plus de questions, seulement l’assurance sans fard du moment à vivre, dans le calme horizon  de la vie longue, où ne sommes que deux _en sachant que viendront les foules agglutinées à leurs fantasmes ; foules opaques de désirs éphémères et nerveux, de mille défis de tentations toujours inabouties, sans jamais qu’elles s’allongent dans le temps des prairies au corps tendres, et verts, et chauds, et calmes comme monts et collines. (Là où je suis grand rapide, au coude aiguë des forêts, qui comptent en mon bois ses cercles d’ans, et ce dernier, de tous le plus large et dense, leur rappelle le temps fait de millénaires où elles se sont toujours ressemblées.)    
        J’attends les fruits encore, la femme de terre sous les ciels de meilleurs dont je suis. Uniques, nous sommes uniques. Nous-nous aimons dans le brouhaha oublié de l’histoire affolée. Et rien ne m’effraie plus. Tout est bien. Chaque brindille, chaque éclair des couperets de la réalité ne fait que signer ma certitude pleine. Mes mains sont celles du monde caressant.

  • Réveil-Matin 1

    Gifle du froid en ouvrant la fenêtre. Surpris et transi par cette température inattendue, surtout qu’il fait beau. Chants d’oiseaux, horizon vert et calme, taillé et sauvage aussi. En cette saison de printemps et de manipulation horaire, l’impression que le jour commence avant que la journée n’ait démarré. Que se passe-t-il dans les vieilles campagnes, que font les gens ? Et ici, sont-ils aussi morts ou idiotement actifs qu’ils se montrent ? Quelqu’un sent-il l’odeur changée de l’herbe, l’expansion des nouveaux points du jour, leur formidable promesse de vivre ?
    Tôt matins, jours crus comme lézardes en mémoire entrebâillée sur le sang neuf et fou de la jeunesse de l’homme-poulain, avec le poids gênant de l’étonnement et la nostalgie un peu douceâtre et nauséeuse de ce qui fut senti et l’est toujours sans qu’aucun miracle auparavant escompté ne se soit produit encore. Qui ou quoi devait donc se lever plus que le vent et le soleil, la lumière et les arbres ? Tout déborde encore, mais sur quelle marge sauvage cela devait s’étendre, s’inscrire et prendre forme ? Nous allions nous élancer en galops de joie, rattraper la pulsation du centre de la terre, fondre un sourire d’or, nous repaître d’amour en herbes folles (Ô _déjà_ ancienne “Lorelei avinée de sainfoin, bâfrant la pluvieuse fraîcheur” !). Est-ce cela que nous vivons, tous ? Est-ce ce que murmurent ceux qui parlent seuls dans les rues sales, que tremblent les vieilles mains dans l’été jaune, que titubent les femmes saoules d’inespoir ? ... Il y avait autre chose...

  • Question d'engagement

    A P., au sujet du choix de l'engagement :


     Mais il s'agit d'essayer d’une part de coller au plus près de ce que le coeur te dit tout en considérant au mieux les mécanismes en jeu dans cet attachement, et d’autre part il s’agit d’avancer. Image de l’instantané pris d’un coureur, livrant une image de la réalité d’un moment _ce qui, comme la raison ou la mentalisation, fige la réalité pour le besoin de l’analyse. La réalité, elle, continue à courir et donc est toujours dans le changement (on analyse toujours un passé). Tout est toujours en devenir ; il faut donc toujours qu’une jambe amorce le pas qui nous permet d’appréhender et vivre le terrain du jeu de la réalité. C’est un peu marcher sur une bille qui avance. C’est risquer, dans ton plus bel élan.

    (Tu m'écriras.) 

  • Mix du 23 janvier 07

    De la difficulté d'atteindre le juste milieu 

     

    La nuit, je m’endors avec mon téléphone dans la main, comme si c’était sa main, ou le chemin de son coeur.


    ET


    Dicton du jour :
    Gratter à une porte fermée est le propre d’un chien. Brouter en attendant meilleure herbe derrière une porte délibérément close est le fait d’un âne.

    ET

    Les bonnes raisons :
    Comprendre toutes les raisons ne doit pas empêcher de JUGER. Juger l’écart entre ce qui est affirmé comme vrai et ce qui est en réalité. Sinon, c’est entretenir un no man’s land de raison et de sentiments quand il s’agit de se placer du côté de la frontière qui fait front au feu, à l’injure et aux manquements. Tôt ou tard trancher pour sa survie.
     
     
     
  • Apprendre par coeur

    Une femme qui, en dehors de l’amour que j’ai pour elle, de l’amour que je contiens, ne voit pas en quoi je pourrais être aimable ! Qui ne m’a pas vu, n’a jamais compris en quoi elle m’aimait, n’a su ni comprendre ma présence, ni me reconnaître : par exemple dans mes gestes, mes attentions, ma manière d’être (à moi et dans le même temps pour elle, bien sûr, et j’évoque bien là des actes, non des mots) ! Ne m’a donc jamais véritablement aimé... Des yeux toujours baissés, rentrés vers soi. Sans mémoire.

    L'amour, c'est apprendre par coeur. 

     

     

    (Nota bene : ma boîte mail est à nouveau ouverte !) 

  • M'éclaircis - 1

    Evidemment, j’aimerais éclairer la nature de ce lien, car celui-là est à mon sens
      le plus important des fonds communs dans une relation amoureuse, est le ciment amoureux (”passionné”). Bien sûr, je ne crois pas savoir si elle-même sent ce lien ou si elle s’en est rendue compte. Ce genre de lien s’exprime généralement dans une atmosphère globale de sensualité, de complicité où si chacun sait qu’il mange à la même table que l’autre et des mêmes mets aucun n’a véritablement conscience des ingrédients de leur connivence. C’est en quelque sorte la beauté première de l’amour dans sa passion amoureuse.  C’est un sortilège, celui-là que je reconnaissais comme elle. Tôt ou tard, il s’agit de  nommer certains angles de nos mystères dont la connaissance permet au couple de sortir de la nuit vers le jour. Une nuit certes magique et embrasée, mais dont le silence et les non-dits qui dans un premier temps faisaient sa magie, ne suffisent bientôt plus pour nourrir une relation qui telle certains insectes a besoin de développer ses ailes, de muter pour vivre, voler dans le jour. Transition délicate, nécessitant une vision d’homme, un imperceptible et grand recul, les yeux de l’amour, puisqu’elle demande à l’enfant joueur et jouisseur en nous de composer avec une réalité faite de règles et d’explications. A l’inconscient amoureux de considérer les mystères sans pour autant concevoir qu’à les découvrir ils perdront leurs pouvoirs. Au contraire.

  • Ecrire à nouveau ?

    Alors, mon petit blog, maintenant que mon E., mon grand amour d'elfe endormi, t'a rappelé à mon souvenir, es-tu prêt à reprendre du service (six mois plus tard)?

  • Stratégie amoureuse

    La stratégie amoureuse veut gagner ses idoles en croyant s'en protéger, alors qu'elle veut d'abord le corps_ ce en quoi elle sert le but ultime de Dame Nature qui est celui de procréer, aucunement le confort du faux vainqueur.

  • Les départs de sel

    • Ceux qui s'aiment et se quittent jettent un pont sur l'eau des larmes entre qui part et qui reste. Puis l'on relève le pont doucement, quand rien n'effraie plus les deux terres qui furent unies.


    • Entre nous s'étendra toute l'étendue des mers, salée par tous les chagrins de ce qui fut unique et dut se déchirer, depuis Gaïa la Terre et Ouranos le Ciel à l'être qui s'en fut homme, qui s'en fut femme. Et c'est ainsi que naît encore et toujours le monde qui pour être et grandir doit se voir, se sentir vivre dans un autre qui est lui-même. Et c'est ainsi qu'est né l'amour.


    • Tu t'en vas de l'autre côté de nous, et nul doute que les océans que tu vas survoler s'augmenteront de quelques secrètes larmes : il faut bien qu'entre toi et nous, ces îles en archipels que nous serons devenus, coule cette eau qui nous baigne, nous nourrit et nous protège pour faire quelque chose comme un nouveau continent. Et c'est pour cela qu'il faut savoir pleurer.


    • L'on sait que la banquise fond. Laissez-moi penser qu'il s'agit du phénomène de l'énorme supplément versé par l'éveil de tant d'âmes qui nous ressemblent et avec qui nous savons que ainsi, grâce à cette eau, nous porterons la nouvelle Terre en émergence. Pourquoi l'eau douce des Glaces ? Parce qu'il y a trop de cet autre sel continûment versé par les millions de douleurs de millions d'êtres qui hélas souffrent toujours _ par misère infligée ou, pour d'autres, par désespoir d'âme. Pour ces derniers, nous savons qu'ils ont du temps et des moyens pour y remédier et nous les aidons souvent dans l 'amour et chacun à sa manière ; pour les autres, les miséreux, il s'agit d'abord de parer au plus pressé, parce que le corps ne mérite pas de châtiment tels que la faim ou la blessure, parce que l'âme ou l'esprit de vie pour se déployer doit s 'affranchir de l'ignorance, de l'obscurantisme, des pensées imposées, de la morale en forceps de traditions injustes. Et pour cela nous pouvons aussi faire quelque chose comme ceci [notion de l'argent].

    ...


     

  • NAISSANCE 1



    Respirer le poumon de la terre. Il enfle les montagnes, aplatit les lacs. Etend l’être d’infinie bonté, replie l’homme en son corps d’enfant dont il défend et protège les couleurs : le coeur de l’humanité bat pavillon rouge.
    En la mer salée de sang s’ouvrent les yeux sans accommodation, perce le regard de golfe d’améthyste. Dans le ventre de la mère, les yeux de l’enfant embarquent vers son être l’amour en particules de lumière de millions de lucioles détachées de l’univers venues là clore un autre miracle, une vie rêvée d’avant toute question. Le contrat du monde sera scellé aux premières lueurs perçues. Alors, l’oreille frissonnera aux sons de grands doigts de verre, la main touchera le premier fil d’Ariane, le désir encore sans forme frémira par tout le corps.
    La naissance en sa voile claquante lancera le navire et sa proue et sa poupe, secouera ses lettres d’alphabet unique, envolées pour longtemps, pendant que l’homme annoncé cherchera dès lors sa ligne de flottaison, pour l’instant sous la peau de l’eau qui le protège.

  • Note d'éternité

     

     Le monde aimé

     

    • Nul doute que ta place est celle que tu as dans le monde. Cela paraît être une évidence, mais de là à dire qu’il faudrait enfin la trouver, je trouve ça un peu fort ! Comme s’il ne s’agissait que d’un simple claquement de doigts pour que surgisse la paix. L’a-t-il, lui, sa place, celle qu’il a rêvée ? Et, même, quel est cet endroit au juste, si dans une vie on a tendance à lire entre les lignes ? Sa place est l’axe du monde aimé dont on voudrait mâter sa vie. Seulement faut-il que le vent se lève, que la magie d’une immédiateté opère, ce qui est tout sauf la paix (mais plutôt le Déjeuner Sur L’Herbe d’un Renoir), bousculant cette logique dont le discours de ce Monsieur est fait. Autrement, de quoi pourrait-il être question ? Concessions, tractations en tout genre ? Quels moyens pour quels enjeux ?

      Et c’est cette brise et ce souffle que tu me demandes désespérément à travers le vent d’Autan où flotte l’injonction de dire, moi. On est seul. Parfois et par grande chance nous rencontrons tous et tout, et de ces épousailles surgit alors toujours l’instantané hélas flou de notre barque, notre arche personnelle peuplée des figures mystérieuses de notre vie rêvée et réelle tout autant. Je ne dis pas que je compte pour rien ; je dis que dans ta vie j’ai un rôle bien sûr, mais que ce rôle m’échappe. C’est toujours à soi-même qu’il ressortit de décrypter les signes qui éclairent la photo de l’intérieur. Et sans doute m’y verras-tu parmi les autres inconnus de ta barque qui aussi et encore peu à peu s’offriront à ton regard _figures et signes_ et déjà pourras-tu évaluer pour celle-là quelque chose comme le tirant _le poids du monde essoré qui te leste_ et la vitesse ou surtout le mouvement. J’en profite pour glisser ici, et à l’attention d’A. qui sur son blog à une de mes réponses fait allusion à Ionesco, cette image du train au bord duquel il s’agit de monter au risque sinon, selon lui, de ne jamais voir le monde, et même si ce faisant nous acceptons nécessairement l’idée de commencer à s’oxyder et mourir.

       

     

     

     

  • Vers le rendez-vous avec soi

    Je tiens à la rivière, aux lieux que le regard de deux a marqué de sa mémoire.
    Je baise doucement les yeux de la rivière. Ils se ferment, reculent de trois pas, me rendent toute la lumière du monde, le jour immense qui éclaire à nouveau une eau indomptée, revenue à sa forme sauvage qui perpétuellement s'échappe.

    Déjà sur cette page s'inscrivent les digues à son désir qui me contient. Les lignes dessinent une jetée inconnue que pourtant mes pieds parcourent.

    Et c'est comme passer sur une autre rive d'où le sens de l'eau et l'eau elle-même sont différents ; dont j'aperçois, toujours assis sur le même bord, la rivière.

    Une autre rivière...
    que je salue paÎennement, dans le respect un peu craintif et l'admiration des forces sacrées de la nature.
    Je m'éloigne et ose emporter le fugace, mystérieux et nouvel instantané que je ne sais encore qu'à peine lire.

  • Temps du va-tout

    Se rappeler cet auteur dont toutes les jeunes étudiantes ne manquaient pas de se targuer, Kundera. N'empêche que maintenant que cela me revient, m'en vais relire "Risibles amours". C'est vrai que Monsieur corroborait par là certaines de mes idées miennes. Et, my god, que cela m'introduisit dans certains libertins aéropages !!

    Je vous assure, je ferai mieux la prochaine fois ; mais, en attendant, que ce monde est lourd et suranné, loin de la poésie, ou même de la poésie (celle du tic tic tic et re-tic, par exemple) !!!

     

    Ciao,

     

    Fr 

  • Point de rupture

    J'dis ça ici. Pas comme une bouteille à la mer ; plutôt comme disent les barjos : je le confie à l'Univers.

    Quatre ans plus tard, je crois...

    Je continue. J'espère que je ne continuerai pas le cycle. Avec un clochard  : "_Que devenez-vous ?"  ; "-Pareil"

    Bête considération : cette dernière relation pointe une égalité entre celles qui m'ont quitté et vice-versa. Aujourd'hui, nous-nous quittons.

    Bref.