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Hécate

  • Sais-tu, mon coeur ?

    Sais-tu mon coeur, 
    que je ne dors plus que d'un oeil 
    tant je te sais et te sens, en frémissements de 
    chaque vague de nuit sur la mer de 
    nos âmes de lune
    que je n'ai sous la même peur que 
    la tienne plus peur, trempé que je suis
    aux larmes d'
    être mort de tes mains
    tes petites mains cruelles adorées que
    je baise à m'y enfouir le visage de
    5 heures à nos coeurs où 
    je 
    nous titanique en proue
    ?
     
    Je ne sais rien dire mieux que l'intelligence de nos coeurs

  • J'ai vu la terre magnifique

    J'ai vu la terre magnifique

    vierge et verte

    lancée dans sa course au cosmos de ronde

    enchantement immobile dans les boucles vertigineuses

    de l'Inconnu

    planète

    des hommes, des femmes ont fait un feu

    là s'arrête l'Histoire

    enfin

    dans le silence inouï du repos des âmes

    au creux des arbres en paix

    à l'aplomb du temps vertical et serein

    au bord d'horizons inenviés

    la tunique originelle de l'air transparent

    baigne leurs formes d'étoile de mer

  • Couronne

    Joie simple des enfants-hommes
    tes robes-joies aux souffles de pollen
    ouvertes
    désir du vivant
    puzzlent les fractions obsédantes des minutes qui se cachent
    quand-même dans les plis du temps qui nous entoure

    Foin, tes cheveux embrindillés
    phasme, ton corps à la pierre, faon
    couronné par mes soins _joyeusetés aux sourires clairs,
    ma lente et dansante tendresse
    jusque dans plus tard la fougue puissante des chevaux toujours inquiets
    du bondissant et fragile écureuil.
    Moi pour toi.

    Encore ivre de la danse aux pas sans fin,
    du compas de tes jambes qui mesure ma terre, oui !
    Mal assurée et piaffante tu martèles mon corps étranger
    où tu te heurtes au bonheur familier
    tu y (r)entres, sans savoir où pourtant
    Toi pour moi.


    Et c'est notre terre, notre terre, notre terre !
    et nous y sommes heureux, ébouriffés de fatigue
    dans les champs verts de ma jeune mémoire
    vrombissent les insectes de la nuit
    métronomes de nos corps à âmes longtemps pressentis

  • Un seul

    UN SEUL DE TES BATTEMENTS DE COEUR

    AUTANT QUE LE PAPILLON QU'IL FAIT DANSER DANS MES YEUX

    DESEMPILE LES FEUILLES DE LA RUMEUR

  • Notre son

    Les voix inextinguibles aux paroles à dormir debout

    voiles intangibles, opaques simagrées

    où s'emmêlent aussi parfois mes mots

    jusqu'en leur veine j'en donne le son, la mélopée que je te sais 

    que mon coeur qui te veut bat pour toi

  • A soi oubliée

    Au jardin tu hantes un sentier où sandales ôtées tes pieds reprennent vie

    pendant qu'en ta robe, beauté absente, tu blanchis sous les secondes terribles

    où des mots acérés dépècent ton oubli

  • Règne de l'Evidence

    Toutes les rivières se font sources. Règne de l'Evidence, exhumé des devoirs fous où s'agite l'esprit seul

    la maison dans les saules, balançoire des enfants, balancement de tes hanches à l'ombre des grands soleils

    une porte claque qui tout à l'heure nous verra sortir, nous rendre un peu aux règles du temps mesuré, puis rentrer

    amoureux de nos âmes et du berceau de nos corps souples et puissants

  • Ose l'amour !

    A la moindre étincelle du brasier d'amour

    ose l'infiniment possible

    ose ton chant

    par-dessus tes peurs

    c'est dans le ventre chaud de la terre

    que battent les coeurs

    Ô laisse-moi encore te parler

    te dire des choses

    d'autres

    aussi attendre ton chant

    murmures de voilier

  • Premier jour

    La terre est un disque vaste, vert, jaune, bleu, frais. Je suis des yeux l'infinie jonction de mon corps avec elle. Les muscles sont fatigués et reposés tour à tour, et je suis fait du même bloc dont sont faits aussi la matière et l'invisible. Je n'appartiens qu'à moi-même, et je contemple d'un regard distrait ce que je sais déjà : ce monde a été, est et sera tel que je l'invente. Mais je suis fatigué et rien ne me presse, ne m'oblige à le formuler, et d'ailleurs je le trouve très bien au repos. Je suis à mon instant zéro..

  • Ô ma mémoire !

        Parfois me reviennent les moments étincelants de notre passion. "Quel gâchis !", avait-elle laissé tomber... Il ne s'agit pas de regretter ce qui fut ; et c'est là que réside la difficulté puisque la mémoire seule peut apporter un tant soit peu de la sagesse qu'on espère. Dissocier la mémoire de l'affect, comme détacher de ce que nous apportent les cinq sens les réactions qui leur sont associées. Programme bouddhiste, ça, au fait !!!

  • La gale de la terre

        Le vent froid du printemps à six heures balaye les frondaisons sombres, parcoure le silence de sa planète, et il semble que nous n’y sommes pour rien. Comme donne à penser que le monde est vide. En réalité, il est vide _ de nous. Conscience aiguë et taraudante que notre espèce, et même l’espèce animale tout entière, est ajoutée, surnuméraire sur cette terre dont nous sommes la gale. Elle s’en débarrassera d’ailleurs un jour, non plus un par un ou par paquets, mais d’un seul coup à la manière d’un  chien qui s’ébrouant rejetterait toutes ses puces. Alors elle reprendra pour soi son volume, son corps et ses plumes d’oiseau, entité terriblement fière et froide et vaste. Même pas la consolation de dire qu’elle aura bien raison : nous n’y serons pour rien, encore. Je pense et dis souvent qu’arbres et oiseaux ne sont pas rancuniers, quand en ville ils verdissent et chantent malgré notre assassine indifférence. C’est là faire preuve une nouvelle fois du fol orgueil qui nous caractérise, puisque c’est croire s’opposer à cet univers, peut-être même l’offenser _quand nous n’y sommes qu’apposés et vainement. Non, ça ne serait pas une punition, ni même une leçon si nous devions en réchapper, seulement la conséquence de notre agitation embarrassante sur son dos. Point de sentiment ou de morale pour un moustique insistant qu’on écrase machinalement.
        Et, cependant, nous élaborons entre nous des vues de l’esprit, sur l’amour par exemple, et que nous entretenons sans y croire, ou plutôt en nous faisant croire que cela nous est cher... alors que nous n’en avons cure, bien au fond, pour peu que nous buvions notre vin ou qu’untel nous considère ou nous aime (du moins  présente les signes d’un vague accord avec soi). Il faut entendre ou lire les théories fumeuses à propos de nos soit disant idéaux ! Quand encore elles émanent de la colère ou de la souffrance, cela mériterait sans doute pour nous et entre nous l’empathie ou une forme de compassion ou de commisération, mais quand ils sont proférés à la manière de vérités vraies, quand l’on sait pertinemment qu’alors il ne s’agit que d’un chantage à l’affection, d’un besoin de reconnaissance dans le pauvre but de se croire aimé et ainsi de servir son intérêt chez ou à travers l’autre, en même temps que de se manipuler soi-même pour se rendre aimable (à commencer par soi-même) ! Quelle grossière esbroufe !

        Alors, que dis-tu, toi, Monsieur l’écrivant ? Hmm ? Monsieur dira à contre-courant qu’un amour est un trésor, prônera des dons de jardinier pour lui, enjoindra d'ouvrir plus les rideaux pour la lumière...

  • I'm beginning to see the light

    De l'ombre à la lumière.

    Certes sybillinement, mais pas moins Vôtre,

     

    Fr 

  • Tic-Trac

        G. est en colère contre le fait qu'il est fatigué ; son corps a vieilli et sa volonté est plus forte. Je crois bien que ça lui a fiché un coup... Cette colère mêlée d'amertume conforte mon sentiment qu'il cherche à travers les croyances de réincarnations ou ses recherches à conjurer la peur de la mort. Je crois qu'il n'est pas prêt comme il le laisse à penser. Qui saurait lui en vouloir ? Le corps quand il n'est plus notre allié donne des signes que l'Oeuvre agit hors de notre volonté...

        Les choses ont une fin ; moins dans le souvenir où se dérobe ce qui s'écrit sur l'envers de la page qui se tourne. Or, nous voulons vivre, et pour cela nous continuerons d'imaginer avec raison que le livre se fait, se fera.
     

  • Proximités

        L'étreinte de l'angoisse sans raison raisons troubles masquées derrière la pluie du Luxembourg, ou plus tard dans la matinée ressuyée le rayon de soleil dans le jour cru. Tremblements, solitude infâme tout autour du coeur. Paillasson du sas de l'hôtel, dormir en cravate c'était dans la  jeunesse de vingt ans. Rien ne change quand on est soudainement apeuré. On (re)découvre l'affreuse proximité des crépuscules et aubes noires que l'exercice à vivre avait crû savoir laisser derrière soi _mais finalement quand-même entrevoir d'expérience que le jour sera là à nouveau, avec le sentiment clair-obscur qu'alors il s'agira bien sûr de jouer l'absurde vie... et de son meilleur coeur-instrument, s'il-vous-plaît ! Oui, vivre encore. En attendant, boire un autre verre de café, ouvrir sa respiration, faire contre mauvaise fortune bon coeur. Regarder les bouts de ses doigts contre le ciel, calmer les sautes du coeur qui les agitent..

  • Incendie

    Tout a brûlé. Tout est calciné. En une heure peut-être. Avec le lieu surtout devant les cendres le rappel d'une longue dépression. Je n'arrive pas à me rappeler, à côté des vêtrements, des livres et des CD partis en fumée, de quel côté penche la balance dans le compte des espoirs et joies et l'infinie tristesse et grise et profonde qui m'animait...

  • Pour G.P. avec le requiem de Fauré

        Pour Geneviève P., dans “Les Grandes Forêts”


        De drôles de souffles s’enchevêtrent aux portes de rouges chalets,                                                                             dans la saison franche


    accoutumés au voile glacé des aubes vaguement espérées, jalouse-                                                                              ment gardées à l’intime de soi 


                    _quand, souvenez-vous, l’entrebâillement ouvrait                                                                                                                      infiniment son triangle à l’horizon bleuté !

     

          Mémoire, timbale de vieil argent où l’on viendrait boire !

        ...


         Et puis,
    et puis, ces poèmes que j’entends, que l’actrice en cris et en murmures                                                                              livre sur scène ? Elle a pour eux la distance du jeu. Pour eux,


    puisqu’elle s’en est muni comme cartouches


        dans les déchirures claquées du quotidien,


        dans les suicides répétés du printemps,


        au creux des heures terriblement joyeuses


    que sonnent les torrents clairs ou écumeux.


    Vaillante et droite, plantée en son sol sur les jambes piaffantes de quelque jument de nuit, mesurant la certitude que chaque arpent d’heure est inexpugnable solitude, elle délivre, hors tout, le poids des ors tristes ou jubilants dont sa mémoire est jonchée et que les modernes bibliothèques escamotent.


        Requiem ! Requiem !?


        Rien donc ne nous sera volé,


        jamais !

     

    Merci.
  • Pipi de chat

        Invraisemblablement, ça rejoue exactement ces mêmes schémas qui ont signé les naufrages, et jusqu’à répéter les mêmes situations, les mêmes détails ! Et jamais l’impression de déjà-vu n’effleure l’esprit, n’aide à sonner l’alarme. Souvent, l’on finit par accepter. Non pas qu’on ait compris et qu’ainsi soit trouvé le sens : c’est de la résignation bien plutôt, et les vieilles douleurs sont chloroformées,  l’agitation du fond mise en veille, éteignant ainsi la violence qui mieux dirigée eût été illuminée par l’essentielle force vive qu’elle signifie. Et, de ce fait, n’importe quelle histoire finit immanquablement comme prévu, dans son côté précis, théâtral et définitif de scène légendaire _ “ On croit que ça va être une belle affaire, et ça finit toujours comme d'habitude : en pipi de chat !... " (Louis Jouvet, Quai des Orfèvres). Mais, bien sûr, ça a infiniment moins de brio dans la vie.

  • C'est demain que l'on meurt

        Là, je pourrais écrire une ébauche de mon testament.

       Ces jours passés seul me donnent à nouveau un certain goût pour la vie de célibataire.    Finalement, il s’agit de se trouver une tanière pour être bien, même si mon existence est quelque peu spartiate. Mais rien ne me manque. Je veux dire qu’une femme ne me manque pas. Je m’en suis inquiété, puis me suis dit qu’il s’agissait sûrement d’un cycle. La traversée du désert continue, mais je me sens bien : partagé entre solitude et une discipline de travail où alternent les entrevues et  le silence de l’écriture. La musique bien sûr est bien présente, ainsi que les films. Tâcher de faire bien son travail, en dehors de toute volonté de représentation, hors les rôles si souvent endossés pour plaire, échapper à la quête sanglante des amours d’outre-soi. Se trouver parfois en accord avec certaines personnes, dans des discussions comme ce matin, jubilatoire, où l’on a discuté écriture, avec Francine, sans volonté aucune de séduire, surtout.
        Je ne renie pas pour autant mes folies, bien sûr ! J’ai vécu tant de belles et sauvages histoires ! Elles ont marqué de cicatrices mon écorce d’homme. Elles ont contre-balancé par le lest des succès et des défaites la cale restée trop longtemps vide de ma jeunesse déserte d’affection (de mes parents, de l’amour des autres, femmes ou hommes). Je ne suis plus abandonné, grâce à elles : seul, c’est tout, et cela est beau et bon. Résister à l’irrépressible besoin qu’on me tienne la main, parfois, comprendre que l’amour entier de la mère-louve, du père-lion, est à jamais derrière soi _qu’il ait été présent ou non_ et ne sera plus jamais vécu avec le coeur de l’enfant... Malgré tant d’abandons cependant...
    Je disais que je ne m’inquiétais pas, mais cela, oui, pourrait m’inquiéter encore : les années passent, mine de rien, et c’est aujourd’hui que la vie est notre amie ! Ne plus faire de sa vie le dépotoir d’expériences, arrêter d’en faire un champ de mines, cesser de déchirer dans la frustration et les griefs nos années comme autant de brouillons d’une autre vie à venir et qui serait meilleure. Les années passent ; c’est demain que l’on meurt.

        J’écrivais cela il y a peu. Dans le chassé-croisé des rendez-vous somme toute superficiel... Il a fallu qu’une porte baille, qu’un air de “Caruso” entre à la hussarde dans mon oreille et s’amuse comme un sourd du marteau qu’il y a trouvé, me fiche un méchant coup de blues. Et je mesure combien mes jambes et tout mon corps ont eu le temps de s’engourdir, malgré la volonté de me battre pour la vie. Où es-tu, toi qui savais aimer ? Est-ce cela, ne plus avoir envie ? Jambes et reins, vous-vous rappelez qui vous teniez et pour qui insensément  vous alliez jusque dans l’écume de sa mer, toujours plus loin jusqu’à dépasser vos forces ? Vous-vous rappelez, seulement.
    Idiot que je suis !

        I want to live !

        Il fait beau, froid, soleil et sec. Allons marcher.

  • PLEINE LUNE

    Pleine lune. La voyez-vous enfin, Charmante ?