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Eau

Avant l'amertume depuis l'amour, face à l'indifférence générale, avant la grossièreté des enfants toujours assouvis, je me réveillais avec le temps et dans ses bruits et ses odeurs. Un courant puissant et fertile passait sous mes pieds, par mes jambes jusqu'au coeur qui battait le rythme de son chant sans jamais bavarder, sans aucun besoin de mots.
Vivre, frémir, palpiter ! Et ce que d'aucuns appelaient silence était pour moi assourdissant de sens, dès lors que je commençais à vouloir tendre l'oreille : souffle, chaleur, feuilles, demi obscurité, odeur de l'eau, hauteur de l'herbe et des arbres, POUVAIENT me tutoyer, c'était l'évidence, mais ne le faisaient que rarement, seulement si je voulais les entendre formuler quelque chose.

Le silence a fini par se nicher dans des mots qui reviennent peut-être trop souvent -et surtout sur des terres où l’on me dit que tout est possible, où l’on est censé s’appréhender mieux (!).
Alors, je retourne à l’eau et je peux toujours la sentir source ! Et je reviens à des mots qui eux aussi seront les mêmes, des mots communs mais qui pour être miens, parce qu’ils sont nés lors de la révélation, ont ma préférence. Ceux-là ne veulent rien dire ni comprendre ni briller d’aucune manière or, si je commence à vouloir tendre l’oreille : souffle, odeur de l’eau, arbres...

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